Assemblées annuelles BAD : les « quatre points cardinaux » de Sidi Ould Tah validés par les gouverneurs
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah, entend impulser une nouvelle dynamique au financement du développement africain.À l’issue des 61es Assemblées annuelles de l’institution tenues à Brazzaville, au Congo, les gouverneurs de la Banque ont validé la vision stratégique portée par le nouveau président autour de « quatre points cardinaux » destinés à accélérer la transformation économique du continent. En tout cas, c’est ce qui ressort de conférence de presse finale de ses assises.Selon Dr Sidi Ould Tah, les gouverneurs de la Banque ont ainsi demandé au nouveau président de mettre rapidement en œuvre cette vision sur le terrain, avec l’objectif de repositionner la BAD comme un levier central de la transformation économique du continent africain.Cette vision, présentée comme une feuille de route pour les prochaines années, repose sur une réforme profonde des mécanismes de financement, de l’architecture financière africaine, de la gestion du dividende démographique et du développement des infrastructures.Multiplier les capacités de financement de la BADLe premier axe de cette vision concerne l’augmentation massive des financements consacrés au développement du continent.Pour Dr Sidi Ould Tah, les difficultés persistantes de l’Afrique à atteindre ses objectifs de développement trouvent en grande partie leur origine dans l’insuffisance des ressources mobilisées.Notons que chaque année, la BAD comptabilise environ 10 milliards de dollars d’approbations et décaisse autour de 5 milliards de dollars. C’est largement insuffisant.Le président de la Banque souligne que les besoins du continent en infrastructures sont estimés entre 100 et 170 milliards de dollars par an, tandis que les financements nécessaires pour faire face aux effets du changement climatique dépassent les 400 milliards de dollars annuels.Face à cette situation, il affiche une ambition claire : multiplier par dix le volume annuel des approbations et des décaissements de la BAD.Réformer l’architecture financière africaineLe deuxième point cardinal de cette stratégie vise à renforcer la coordination entre les différentes institutions financières africaines.Selon Dr Sidi Ould Tah, plusieurs mécanismes de financement créés sur le continent fonctionnent encore de manière fragmentée, réduisant ainsi leur efficacité.Il cite notamment Afreximbank, Africa Finance Corporation (AFC), Africa Re ou encore les structures de garantie telles que le Fonds de solidarité africain, le Fagace, AGF et ATIDI.Le président de la BAD estime également nécessaire de recapitaliser certaines de ces structures afin d’améliorer l’accès au financement des PME africaines.Transformer la croissance démographique en opportunitéLe troisième point cardinal porte sur la démographie africaine, considérée à la fois comme un immense potentiel et un défi majeur.Selon les projections évoquées par le président de la BAD, une personne sur quatre dans le monde sera africaine à l’horizon 2050. Dans un contexte où plusieurs régions du monde connaîtront un vieillissement de leur population, l’Afrique restera l’un des rares espaces en forte croissance démographique.Pour Sidi Ould Tah, cette dynamique ne pourra devenir un véritable dividende économique qu’à condition d’investir massivement dans la formation, la santé et l’emploi des jeunes.Miser sur des infrastructures créatrices de valeurLe quatrième axe stratégique concerne le développement d’infrastructures résilientes capables de soutenir l’industrialisation du continent.Le président de la BAD estime que l’Afrique doit rompre avec son modèle historique d’exportation brute des matières premières.Cette orientation vise à favoriser la transformation locale des ressources naturelles afin de créer davantage de richesse et d’emplois sur le continent.Le climat et l’intelligence artificielle comme axes transversauxAu-delà de ces quatre priorités, Dr Sidi Ould Tah table aussi sur deux enjeux transversaux qui accompagneront l’ensemble des réformes envisagées : le changement climatique et les nouvelles technologies.Le président de la BAD considère notamment l’intelligence artificielle comme une opportunité stratégique permettant à l’Afrique de réaliser des avancées rapides dans plusieurs secteurs économiques.Théodore KouadioEnvoyé spécial àBrazzaville au Congo
5/29/2026 5:07:00 AM